Cycle de séminaires > S’écouter et s’entendre à l’école.

Séminaire 2
Éduquer à la santé : nécessaire et impossible ?

Mercredi 9 mars de 14h à 17h, ESPE d’Aquitaine, site de Caudéran, amphi Averroès

Programme du séminaire (cliquez ici pour le télécharger en format pdf ) :

13h45-14h00 : Accueil

14h00-14h15 : Introduction par Eric Dugas, chargé de Mission Santé ESPE d’Aquitaine, professeur en sciences de l’éducation – Université de Bordeaux.

14h15-14h30 : Présentation du Cycle de Conférences 2015-16

Introduction du Séminaire et des intervenants :

  •  Magdalena Kohout-Diaz, maître de conférences en Sciences de l’éducation, ESPE d’Aquitaine – Université de Bordeaux

Lors de la réunion de rentrée à l’ESPE d’Aquitaine, le 31 août 2015, Monsieur le Recteur de l’Académie de Bordeaux a conclu son allocution sur deux aspirations pour notre École : qu’elle soit inclusive et bienveillante. Il a souligné notamment le rôle clé de l’écoute bienveillante des enseignants à l’égard des élèves, en précisant à l’adresse des formateurs que l’écoute bienveillante, cela s’apprend.

 Adhérant pleinement à ces remarques, nous pouvons toutefois nous interroger : comment définir ce type d’écoute ? La conception de la situation de handicap et plus généralement l’abord des diversités conditionnent l’efficience du processus inclusif. L’objectif du Cycle de Séminaires internationaux « S’écouter et s’entendre à l’école » est de cerner, d’une façon renouvelée, les enjeux de cette question en vue de favoriser un climat scolaire plus tolérant à l’égard de la singularité.

La seconde matinée du Séminaire s’attachera à analyser une notion centrale pour une inclusion efficiente, à savoir l’éducation à la santé. Éduquer à la santé dans l’école d’aujourd’hui, qu’est-ce à dire ? S’agit-il de prendre en compte les vulnérabilités individuelles et d’y adapter des parcours éducatifs de santé pour tous les élèves ? S’agit-il de nouveaux modes de conformation à une normativité comportementale définie par les progrès des technosciences et les enjeux de la pharmacologie ? Si l’école semble être un milieu privilégié pour la prévention primaire, peut-être est-elle aussi un écran sur lequel sont projetées les utopies de l’homme se pensant maître et possesseur de sa nature ?

Comme le précisera le Pr. D. Berger, l’éducation à la santé a une histoire, à la fois sur le plan international et en France. Cette histoire témoigne à la fois de la dimension polymorphe de la discipline et d’un effort de consensus dans la définition de son périmètre et de ses pratiques. D. Berger illustrera son propos à partir de ses recherches sur l’éducation à la sexualité au collège, à la fois objet d’une demande et à la fois incontestablement mal entendue. Au cours de la seconde conférence de cette matinée, E. Langlois traitera de la demande sociale et scolaire d’hyperactivité, apportant un regard renouvelé sur la prévalence croissante de ce trouble mental à l’école, loin d’une approche hygiéniste de l’éducation.

Les deux conférences esquisseront donc une problématisation et une analyse approfondie de ce qui aujourd’hui semble quelquefois aller de soi : éduquer à la santé à l’école.

14h30-15h30 : Conférence > Éducation à la sexualité : les conceptions des élèves de collège.
Animée par
D. Berger, professeur en sciences de l’éducation, ESPE de d’Académie de Lyon – Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

Résumé : En France, l’Éducation Nationale a donné une place significative à l’éducation à la santé et à la sexualité dans les missions assignées à ses personnels en privilégiant une vision globale et positive de la sexualité. L’éducation des enfants et des adolescents à la sexualité est l’affaire de tous. L’étude présentée porte sur les conceptions individuelles de la sexualité, les pratiques déclarées et les connaissances des élèves de collège et de Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA), structure accueillant des élèves en grandes difficultés scolaires. La recherche vise à permettre aux adultes en charge de l’éducation à la sexualité en collège d’adapter les dispositifs pédagogiques.

15h30- 15h45 : Échanges avec la salle

 15h45- 16h45 : Conférence > La demande sociale d’hyperactivité.
Animée par
E. Langlois, maître en conférences en sociologie, Université de Bordeaux

Résumé : Il est couramment attribué à l’industrie pharmaceutique et aux entrepreneurs de maladies d’avoir grandement œuvré au succès du  trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H). En France, la prévalence a été établie à 3,5% chez 6-12 ans, la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations de bonnes pratiques et la prescription de Méthylphénidate se diffuse sensiblement. Il convient cependant de ne pas occulter la demande sociale d’hyperactivité émanant de l’école, qui réclame des outils pour réguler les écarts aux normes scolaires et comportementales, et des familles qui éprouvent des besoins d’aide dans l’éducation des jeunes.

16h45-17h00 : Échanges avec la salle

 

 

 

 

 

 

 

 

Programme du premier séminaire :  Penser les différences à l’école : déficiences à compenser ou diversités à respecter ?

9h45 : Accueil

10h – Introduction :

  • Pr. J. Mikulovic, Directeur ESPE d’Aquitaine
  • Pr. E. Dugas, chargé de Mission Handicap Université de Bordeaux.

10h15 – Présentation du Cycle de Conférences 2015-16, Introduction du Séminaire et des intervenants :

  • M. Kohout-Diaz, Maître en Conférences en Sciences de l’éducation, Université de Bordeaux

La conception de la situation de handicap et plus généralement l’abord des diversités conditionnent l’efficience du processus inclusif. L’objectif de ce cycle de séminaires est de cerner, d’une façon renouvelée, quelques malentendus préjudiciables aux échanges et ceux qui permettent de favoriser un climat scolaire le plus ouvert et le plus tolérant à l’égard de la singularité de chacun.

La première matinée du Séminaire s’attache tout d’abord à analyser une notion centrale pour une inclusion efficiente, à savoir l’accessibilité. Comme le précisera J. Zaffran, viser l’accessibilité ce n’est pas viser seulement l’accès des personnes handicapées aux services mais se situer dans une perspective plus globale de justice sociale et de liberté, qui seule donne sens aux dispositifs compensatoires.

La seconde conférence de cette matinée proposera une analyse comparative de deux paradigmes permettant de penser la diversité à partir de l’histoire des conceptions du handicap auditif.

Du déficit dont le corolaire est la compensation à l’ouverture à la différence, les deux conférences esquissent donc une voie vers la réappropriation par les sujets dits « en situation de handicap » de l’exercice de leur liberté.

10h30 – Conférence 1 : J. Zaffran, Professeur de Sociologie, Université de Bordeaux.

Titre : Situations de handicap : de l’accès à l’accessibilité.

En matière d’accessibilité, les aménagements du bâti, de la voirie et des transports sont insuffisants s’ils ne s’accompagnent pas de la possibilité réelle des personnes, dans la mesure de leurs moyens présents et à venir, de choisir librement les biens à convoiter et les lieux où elles désirent se rendre. De ce fait, l’accès et la continuité de la chaîne des déplacements sont une condition nécessaire mais non suffisante de la justice car si une faible mobilité réduit la participation sociale et l’accès aux aménités par les assignations géographiques qu’elle entraîne, la sortie des cantonnements et la levée des restrictions spatiales supposent d’agir sur les freins à la mobilité. C’est pourquoi les débats que suscite la loi de février 2005, outre le principe d’égalité qui les organise, doivent être guidés aussi, pour être utiles aux politiques publiques, par le principe de liberté. C’est la condition pour qu’une société accessible soit juste.

11h30- 11h45 – Échanges avec la salle

Discutants :

  • M. Kohout-Diaz, Maître en Conférences en Sciences de l’éducation, Université de Bordeaux
  • V. Carlier, IEN ASH, ESPE d’Aquitaine.

11h45- 12h45 – Conférence 2 : Mr J. Fulka, Maître en Conférences en philosophie, Université de Prague, République tchèque.

Titre : La surdité et la langue des signes dans la tradition philosophique

Il s’agira de démontrer deux manières dont la surdité a été réfléchie dans la pensée philosophique occidentale depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. La première, que nous désignerons provisoirement comme „le paradigme déficitaire“ (l’expression provenant du psychanalyste André Meynard) consiste à concevoir la surdité comme une privation (une telle vue de la surdité peut être tracée jusqu’à Aristote, Hobbes et d’autres philosophes). La deuxième, que nous désignerons comme „le paradigme de la différence“, consiste à traiter la surdité – et la langue des signes – plutôt comme un problème anthropologique. Ce deuxième paradigme peut être illustré par les textes de St. Augustin ou de Diderot. On tentera également de démontrer l’actualité de ces deux paradigmes dans certains débats actuels autour de la surdité.

12h45-13h – Échanges avec la salle

Discutants :

  • E.Banderier, PE spécialisée, centre de l’audition et du langage de Mérignac
  • E.Mazzocato, PE spécialisé, ESPE d’Aquitaine.

Commentaires Clos.